La guerre du lit une place

2009
15.12

lit-une-place

Cela a déjà dû vous arriver. Vous êtes rentré(e) pour la première fois dans le ( nouvel ) appartement de votre (nouveau/lle) ami(e) [rayez la mention inutile ], et votre cher et tendre vous fais orgueilleusement faire le tour de sa propriété.

Et là, sous vos yeux, il s’étale de tout son orgueil. En un instant, vous comprenez que vous avez perdu le combat. Je ne parle pas du chien (ou du chat) puants et inutiles qui hantent les appartements de célibataires, mais bien de cette saloperie de lit une place dans lequel vous allez devoir passer vos nuits pour une durée plus ou moins (in)déterminée.

Face à ce type de problèmes, il y a deux modes de réactions. Certaines personnes se disent « oh c’est pas grave, comme ça on sera plus proches » et d’autres, dont je fais parti, savent déjà qu’elles vont vivre un enfer nocturne.

Les lits une place, de dimension 90×190 cm , sont construits de manière à ce que deux personnes de corpulence moyenne (50cm de tour de poitrine) ne puissent pas rentrer côte à côte, allongées sur le dos. Chaque personne a une position particulière pour s’endormir, mais il s’agit rarement de la même. Pour que chaque personne puisse s’endormir, il faut donc que leurs positions préférées soient géométriquement capables de rentrer dans un espace déterminé de 1,71 m2. Et pour que la nuit se déroule normalement, il est nécessaire de changer de position régulièrement afin que tous les muscles puissent se reposer.

La nuit se transforme alors en guerre de tranchée, où chaque cm2 d’espace gagné est une victoire onirique. La maîtrise de la couette est bien sûr l’élément décisif de l’issue de la bataille. Tout consiste alors à s’enrouler discrètement dans la couette pour que chaque changement de position permette de prendre un avantage sur son adversaire. Entre deux rêves, il faut dicter à son inconscient de profiter du sommeil profond de son adversaire pour gagner un peu d’espace vital.

Comme pour tout, ce sont les premières nuits les plus durs, après on s’habitue. Mais il n’y a rien de mieux que d’hisser le drapeau blanc chaque matin.

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